Google+, l’ami qui vous veut du bien

Nostromo, agence de communication, s'interroge sur le role de Google plus

Chez Nostromo, comme a priori dans la plupart des autres agences de communication, nous utilisons quelques services estampillés Google. Ce qui explique pourquoi notre œil a été attiré par un article du blog technologie du Guardian, écrit par Charles Arthur, qui s’attaque brillamment à une question qui agite la blogosphère – du moins, une partie – depuis quelques temps : mais qu’est-ce qu’est exactement Google+ ?
Le raisonnement, brièvement résumé (lisez l’article, il vaut vraiment le coup), est le suivant. Pour quelque chose présenté et perçu comme un réseau social, Google+ a un impact très négligeable sur le monde extérieur, comparé à Facebook, notamment par la remarquable absence de scandales liés à des comportements extrêmes sur le réseau. Et ce, alors qu’il a plus de 500 millions de membres (la moitié de Facebook). La communication sur l’existence du réseau est inexistante.
Mais d’un autre côté, Google+ est devenu quasiment obligatoire pour pouvoir utiliser n’importe lequel des services du géant américain du web. Ce qui le transforme en un gigantesque réservoir de données – sur un sujet précis : l’utilisateur, soit vous et nous. Le but avoué : nous présenter des résultats de plus en plus personnalisés (y compris les publicités et les liens sponsorisés), sachant qu’évidemment, ceux liés d’une façon ou d’une autre à Google sont favorisés*. Si vous voulez une démonstration : cherchez un tumblr successivement sur google puis sur yahoo (rappelons que Yahoo a racheté récemment Tumblr).

D’un pur point de vue marketing, l’idée est brillante. La récolte de toutes ces données ne coûte rien – elles sont gracieusement fournies par les utilisateurs de Google -,  et elles sont de plus en plus en demande par les entreprises, car une publicité mieux ciblée est plus rentable – et, comme par hasard, Google est également là pour vous fournir le service. Le coup de génie est que plus le système est utilisé, plus il est efficace.
Et d’une certaine façon, proposer des publicités de plus en plus ciblées vers ses centres d’intérêts répond aussi à une demande du consommateur.

D’un point de vue personnel, la simple idée qu’une entreprise, qui plus est basée au Etats-Unis, puisse d’une quelconque façon être propriétaire de toutes ces données est effarante – surtout que les lois là-bas sont bien différentes d’ici. Et les conséquences potentielles font frémir. Récemment, dans le cadre d’une campagne pour son prochain gros titre, Ubisoft a lancé le site wearedata.watchdogs.com. Il récolte les données (disponibles en open source) de plusieurs organismes et entreprises publiques pour présenter une carte très précise de trois villes – Berlin, Paris et Londres. Allez voir, et maintenant imaginez la même précision et quantité d’information – mais sur vous. Difficile de ne pas se sentir épié. Et quand on connaît la domination écrasante de Google sur le monde du web (qui n’utilise pas google maps, ou gmail, youtube, android ?), l’ampleur de la récolte laisse songeur.

Au-delà encore de cet aspect, la méthode risque d’être, à un certain point, limitée : à force d’être précis, il deviendra difficile de proposer par ce biais quelque chose de fondamentalement nouveau à un consommateur. Le biais introduit en faveur de Google lui-même n’est qu’une des premières manifestations du processus.

Alors, Google : ami ou « ami qui vous veut du bien » ? À vous la parole…

* : Une attitude qui n’est pas passée inaperçue, notamment de la Commission Européenne, qui par l’intermédiaire du commissaire antitrust a demandé à la compagnie de Moutain View de modifier ses positions, au risque de s’exposer à un procès.

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