Homo Narrans

Pour Nostromo, agence de communication, la narration est au coeur de la communication

Le but est de donner envie de tourner la page d’après, puis celle d’après, puis…

Si l’on en croit Google, un certain nombre d’hommes célèbres ont brodé sur le thème « il faut apprendre des erreurs des autres ». Un sage conseil que nous appliquons chez Nostromo, agence de communication exemplaire (puis ça fait gagner du temps), mais que notre monde moderne, avec son accent porté sur l’expérience personnelle, semble ne pas spécialement respecter : le leitmotiv semble plutôt d’être regarder les autres faire des erreurs, en rire en les filmant avec son téléphone portable puis les poster sur Youtube.

L’auteur de ces lignes est partisan du fait que la fiction peut être une source tout aussi valable de leçons et d’idées. Et parmi celles qui se sont implantées depuis quelques années, l’une d’entre elle, lue il y a déjà quelques lustres, pourrait bien expliquer cette tendance moderne à devenir spectateurs.

L’auteur en question est Terry Pratchett (si vous ne connaissez pas, je vous laisse découvrir), collaborant avec Ian Stewart et Jack Cohen – deux scientifiques -, et pour les citer directement :

« We are not Homo sapiens, Wise Man. We are the third chimpanzee. What distinguishes us from the ordinary chimpanzee Pan troglodytes and the bonobo chimpanzee Pan paniscus, is something far more subtle than our enormous brain, three times as large as theirs in proportion to body weight. It is what that brain makes possible. And the most significant contribution that our large brain made to our approach to the universe was to endow us with the power of story. We are Pan narrans, the storytelling ape. »

Traduction, pour les non-anglophones : « Nous ne sommes pas des Homo Sapiens, des Hommes Sages. Nous sommes le troisième chimpanzé. Ce qui nous distingue du chimpanzé ordinaire Pan troglodytes et du chimpanzé bonobo Pan Paniscus est quelque chose de plus subtil que notre énorme cerveau, trois fois plus large que le leur rapporté à la masse corporelle. C’est ce que ce cerveau rend possible. Et la contribution la plus significative que notre gros cerveau a apporté à notre façon d’appréhender l’univers a été de nous donner le pouvoir de la narration. Nous sommes Pan Narrans, le singe qui raconte des histoires ».

L’idée que l’homme voit le monde à travers un filtre narratif, si elle n’est pas nécessairement biologiquement utile, est en revanche non seulement séduisante, mais étayée par à-peu-près 90% de notre socle culturel. Des signes du zodiaque aux légendes d’Hercule, en passant par notre perception actuelle du Moyen-Âge et notre manie de faire des films sur la vie de personne célèbres, tout est histoires. Nos religions sont fondées sur des livres. Même l’Histoire n’est qu’une succession d’histoires !

Penser en structure narrative est tellement un réflexe que nous sommes du coup plus naturellement intéressés par quelque chose qui semble en posséder. C’est la raison pour laquelle les publicité ne durent pas trois secondes durant lesquels elle ne diraient que « nos produits sont les meilleurs, achetez-les ! », mais un minimum de trente secondes et développent une petite histoire (plus ou moins inspirée). On appelle aujourd’hui cette tendance narrative le storytelling, et on le met à toutes les sauces.

Compte tenu de cette tendance naturelle, il était inévitable qu’ayant entre les mains les outils les plus développés de l’Histoire connue pour raconter quelque chose (le téléphone portable et Internet réunissent moyens de production et de diffusion), tout le monde se soit mis à essayer de raconter ses propres aventures.

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