L’art (et la communication) éclabousse les murs (2/2)

Nostromo, agence de communication a cherché à comprendre quelle est la force du message communiqué par les tags
Photo © Victor Grandgeorge 2013

 

La dimension contestataire des tags perdure dans leurs sujets, parfois avec une extrême clarté, comme pour ce graff ci-dessus situé dans le XIXème arrondissement de Paris : esclavagisme moderne, sexisme ordinaire… En revanche, d’autres sont moins évidents à cerner.

 

l'agence de com Nostromo a cherché à comprendre quelle est la force du message communiqué par les tags
Photo © Victor Grandgeorge 2013

 

Tous les tags n’ont pas la même valeur. En Jamaïque, aux Etats-Unis ou en Irlande, par exemple, le graff est un message politique mais aussi une appropriation presque tribale, l’équivalent moderne du crâne sur le poteau à l’entrée du territoire de tout bon sauvage de cinéma qui se respecte. Cette notion de (re)conquête de l’espace se retrouve, de façon plus innocente et ludique, dans des œuvres telles que les Space Invaders ou les silhouettes de Miss.Tic qui ont envahit les capitales mondiales.

Depuis l’entrée des graffitis dans les musées, le mouvement a connu une autre évolution, celle de la pure expression artistique. Il s’agit moins maintenant de communiquer sa révolte que se faire connaître, en gardant (illégalité oblige) une certaine aura de mystère et d’anonymat : les signatures sont rarement lisibles, et donnent encore plus rarement les noms réels des artistes. Le problème, dans ces cas-là, est que tout le monde n’est pas doué du même talent, et que le tag s’inscrit dans un espace à la lisière du public et du privé : autant on peut décrocher facilement un tableau, autant nettoyer un mur entier demande un investissement plus important.

Rebelle, artistique, ou simplement expression fugace, le tag est là pour rester. Et, au final, nos villes ne s’en trouvent pas plus mal : même si l’esthétique est parfois sujette à discussion, les graffitis témoignent de la vie qui s’écoule derrière les murs. Une communication du quotidien, en quelque sorte.

Vous pouvez lire la première partie ici.

Cet article est d’abord paru sur notre ancien blog, plus précisément là. Vous êtes fortement encouragés à y jeter un oeil !

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