Le repas est le premier réseau social, mais ce n’est pas un argument publicitaire

Nostromo, agence de communication, s'interesse a l'argument que le repas est le premier reseau social

… Oui, nous partageons toujours nos frites comme ça chez Nostromo.

De temps en temps, on a l’impression que l’arrivée du numérique nous permet de redécouvrir des évidences. Ce qui, pour une agence de communication telle que Nostromo, est plutôt une bonne chose, les évidences étant trop souvent ignorées.

La (re)découverte qu’un repas est, au moins dans la culture française, un espace de rencontre social autant que l’occasion de se sustenter est l’un des derniers exemples en date de cette tendance. Récemment, des marques comme Justin Bridoux, Mc Cain et Buitoni ont toutes réutilisé du vocabulaire lié aux réseaux sociaux (particulièrement Mc Cain) pour vanter les mérites de leurs produits : share, followers… Car il faut bien s’adapter aux usages de sa clientèle, et aujourd’hui, pour la plupart des gens – surtout ceux susceptibles d’acheter les produits de ces marques, c’est-à-dire les jeunes – partager est un verbe qui est fortement lié aux réseaux sociaux (bien sûr, les dites campagnes marketing s’accompagnent de diverses opérations sur Facebook, Twitter, etc, sauf pour Buitoni, pour l’instant absente de la Toile).

La tendance ne s’arrête pas aux marques. Des sociétés se créent (sans pour autant survivre) avec pour principe l’organisation de rencontres – professionnelles ou non – autour d’un repas : Work n’ Meet, COlunching, Cookening… Toutes tournant autour de la pratique bien connu du déjeuner d’affaire. Qui, soit dit en passant, n’est pas toujours une des meilleurs idées qui soit : il est difficile de parler la bouche pleine, et convaincre son interlocuteur du bien-fondé de ses idées avec de la salade sur les dents est plutôt contre-productif.

Certes, les repas sont une des première formes de socialisation : après tout, on lui attribue bien la responsabilité des début de la civilisation (s’organiser pour une chasse, développer l’agriculture, etc). Mais si se présenter comme le premier « réseau social » présente une certaine logique, voire même une certaine légitimité, l’argument a ses limites, car il est très peu caractérisant. Si le saucisson est le premier réseau social, que dire du vin ? De la bière ? Du mammouth ? Vanter son produit sous cet angle revient au même que de dire que qu’une voiture roule. Si l’argument a encore l’attrait de la nouveauté, d’un point de vue publicitaire, il est malheureusement limité. Pour exprimer de façon plus cynique notre constat du début, le numérique permet de ressortir des vieux poncifs tout en les adornant d’un vocabulaire « 2.0 » pour leur redonner une nouvelle actualité et nous faire croire qu’il s’agit là d’une révélation. Entre cette attitude et la redécouverte d’une évidence, la différence est parfois minime. Et pour la nourriture comme réseau social, il faut y voir plutôt l’expression d’un appel du pied du marketing envers cette population mystérieuse et toujours changeante – les jeunes – plutôt qu’une véritable nouvelle idée de réclame.

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