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Nostromo, agence de communication, revisite la communication de l'espace

Ce n’est pas demain qu’on mettra les pieds sur Mars

 

Nous avions déjà chez Nostromo, agence de communication, abordé le thème des relations entre la communication et la conquête de l’espace.

Depuis, il semblerait que l’espace ait repris du poil de la bête : entre la découverte de planète en-dehors du système solaire, le charisme de l’astronaute Chris Hadfield, la réussite de la sonde Rosetta (réalisons tout de même que poser une sonde sur un astéroïde en mouvement n’est pas une mince affaire), l’espace est revenu, pendant quelques semaines, sur le devant de la scène, avec des nouvelles scientifiques mais qui n’oubliaient pas pourtant de nous faire rêver.

Et puis, malheureusement, les mauvaises habitudes ont repris le dessus, ce qui nous amène à, par exemple, cette affiche, qui – on ne le soulignera jamais assez – est l’affiche officielle de la prochaine mission de la station spatiale internationale.

Nostromo, agence de communication, revisite la communication de l'espace

Si, si…

 

Ce ne pourrait être qu’un clin d’œil d’ancien geeks – et, pour les astronautes en question, c’était probablement l’idée -, mais c’est symptomatique d’un retour à une communication jouant plus sur les codes du clic à tout va et de la pop culture que d’une vulgarisation bien pensée.

Le principal coupable : Mars One, la mission lancée par une organisation néerlandaise, avec pour objectif affiché l’envoi de premiers colons sur la planète rouge d’ici 2025. Ces derniers temps, une avalanche d’articles sur le thème « rencontrez les candidats sélectionnés » sont apparus sur la Toile, le processus de sélection ayant franchi un nouveau cap. Il ressort, de la lecture de ces divers portraits, deux éléments. Tout d’abord, les heureux élus (?) n’ont pour la plupart aucune expérience en la matière, et si certains ont un profil qui pourrait correspondre à ceux de colons (avec des connaissances en médecine, mécanique, biologie…), ils sont rares. Deuxième élément, et non des moindres : les technologies nécessaires à la réussite de la mission sont loin d’être au point. Autrement dit, le tout ressemble de plus en plus à un gigantesque casting pour un show (l’idée, rappelons-le, est que l’entraînement des candidats sélectionnés fera l’objet d’une télé-réalité) qu’à une tentative sérieuse de pousser l’humanité vers le prochain stade de la conquête spatiale.

Au final, le résultat est doublement contre-productif. D’un côté, certains sont affligés de voir l’intérêt porté à une entreprise sans lendemain ; de l’autre, les missions spatiales sérieuses souffrent de leur sécheresse et de leurs objectifs « raisonnables » en comparaison. Heureusement, dans tout ça, il reste quelques lueurs d’espoir, par exemple la reprise de la série Cosmos*, présenté par Neil Degrasse Tyson, qui ne saurait être trop conseillée.

*  Seul élément incompréhensible : la série est produite par la Fox, à savoir la chaîne de télévision américaine qui a connu une soudaine notoriété en France suite aux fameuses « no-go zones ».