Vendre avec la fin du monde (1/3)

Explorer les paradoxe de la fin du monde comme theme publicitaire avec l'agence de communication NostromoLe monde a déjà connu plusieurs cataclysmes censé l’achever : bug de l’an 2000, le 6/6/2006, 11/11/11 à 11h11… Le prochain dans la ligne de mire : le 21/12/2012, date ultime à laquelle s’arrête le calendrier des Mayas (1). (S’il nous laisse tomber aussi, il reste toujours l’horloge de la fin du monde, et les gens sérieux).
Ce qui nous occasionne une nouvelle vague de produits et solutions sur les thèmes de l’attente de la fin des temps (2), et de l’après (voilà bien l’indécrottable optimisme de l’espèce humaine, ou tout du moins du vendeur).

 

La fin du monde est, depuis longtemps, un thème favori des communiquants de tout poil, du prédicateur haranguant les foules aux sociétés de cryogénisation, en passant par Nostradamus et ses consorts. Comme outil de marketing, de communication et de vente, la thématique de la destruction finale s’exerce selon deux axes principaux : l’attente, pour l’avant-cataclysme, et la survie, pour l’après.

Vivons confortablement en attendant la fin du monde

L'agence de communication Nostromo s'interesse au marketing de la fin du mondeLa thématique de l’avant-cataclysme vise à créer l’anxiété par le biais de la dramatisation, le tout pour mieux vendre une solution évidemment miraculeuse qui permettra de soulager la peur suscitée par la publicité de ladite solution. Dans le cas qui nous préoccupe, le produit de prédilection est l’abri : anti-atomique dans les années 50, il est aujourd’hui décliné dans des versions pour toutes les bourses, y compris les bunkers de luxe avec jacuzzi et écrans plats à 50 000 dollars. On trouve aussi l’appli qui vous sauvera (peut-être), ou encore une invitation à se rendre dans le seul village de France qui ne devrait pas être touché par la fin du monde (la raison invoquée : il se trouve au sommet d’une montagne magique.) Tous ont déjà subi les avanies de l’attente, que ce soit pour les résultats du bac, du permis, d’une échographie, ou pour les plus jeunes d’entre nous, les cadeaux de noël. Et tout le monde est peu ou prou d’accord : l’attente, par l’impuissance qui lui est associée, est le pire de maux. Du coup, autant le faire dans le confort…

La suite (et la fin) dans les prochains posts !

(1) Au passage, nous ne ferons aucune réflexion sur le brillant illogisme qui a donné naissance à cette nouvelle apocalypse : après tout, si quelqu’un au Moyen-Âge avait découvert en un almanach de l’an mille couvrant uniquement le prochain millénaire, devait-il en conclure que le monde allait s’écrouler en 2001 ? Apparemment, oui. On notera d’ailleurs que certains préparent déjà leurs arrières, en décalant la fin du monde à 2027, car on ne sait jamais…

(2) Chez Nostromo – avec notre manie de l’exactitude dans la communication et la formulation des concepts -, nous préférons parler de la fin de l’humanité, pas de la fin du monde. Car, enfin, nous vivons sur une planète qui s’est déjà fait bombarder de météorites d’une taille plus que respectable et qui tourne toujours – bon, elle vacille un peu, mais dans l’ensemble tout tient la route… Autant dire que ce qui est vraiment menacé, dans toutes ces histoires de catastrophes planétaires, c’est l’humanité et sa place prédominante, pas vraiment notre Gaïa préférée.

Cet article est d’abord paru sur notre ancien blog, plus précisément . Vous êtes fortement encouragés à y jeter un oeil !

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